Atelier découverte: Les lanternes de Yame

novembre 28, 2018

lanterne japonaise yame

C’est encore en compagnie de Joranne Bagoule que nous nous sommes rendus à Yame. Une petite ville célèbre pour sa culture du thé mais également pour son artisanat traditionnel. 

En effet, on peut compter parmi les produits artisanaux de la ville: les sanctuaires bouddhistes (intérieurs) (仏壇), le Washi (八女手漉和紙), les lanternes en pierre volcanique (八女石灯ろう), les toupies (八女和ごま), les poupées (八女人形), les paniers en bambou (八女竹細工), la poterie etc.

Après une visite dans le Centre de l’Artisanat Traditionnel (八女伝統工芸館), nous nous sommes dirigés vers l’entreprise « Shiraki Kougei » (シラキ工芸) qui peint des lanternes en soie pour le festival O-bon. 

 Butsudan

Le festival O-bon

Au Japon, il existe une ancienne croyance religieuse qui dit que l’âme est immortelle et que les ancêtres reviennent voir leur famille durant le festival O-bon. C’est l’occasion parfaite pour se retrouver en famille.

Bouddha et les ancêtres n’ont pas de forme matérielle, c’est pourquoi les lanternes japonaises sont une manière de les commémorer. 

Dans les temps anciens, les japonais brûlaient du bois pour illuminer différents points de repères pour que les ancêtres puissent retrouver le chemin vers leur foyer.

Aujourd’hui, les japonais décorent des lanternes devant leur maison. 

Les lanternes de Yame

On raconte que les lanternes de Yame auraient été créées en 1816 par Bunemon Aramaki, avec à l’époque un dessin simple mais à la fois élégant intitulé « Bachochin ». Aramaki a utilisé le bambou et le Washi comme matériaux. Les lanternes se sont ensuite développées comme une spécialité de Yame.

Il existe deux types de lanternes: les lanternes suspendues (allongées, rondes ou en forme de pot) et les lanternes autonomes (« Andon » ou en rotation). 

lanterne japonaise

La fabrication d’une lanterne en soie

  1. Création du support en bois 
  2. Enroulement d’un fils de bambou autour du support de bois (technique du Higo maki (ひご巻き))
  3. Pause d’un revêtement de soie. Un tissu de soie est collé sur les anneaux supérieurs et inférieurs de la lanterne pour renforcer les deux ouvertures.
  4. Pause du tissu de soie ou de Washi. De la soie ou du Washi est apposé entre chaque spirale (technique du « Hibukuro hari »  (火袋張り))
  5. Première peinture avec des aérosols (technique du « Fuki etsuke » (吹き絵付))
  6. Peinture à la main (technique du « Tegaki etsuke » (手描絵付))

Les lanternes en soie sont seulement pour le O-bon, alors que celles en papier (Washi) sont utilisées pour d’autres festivals.

atelier lanterne japonaise

L’atelier de peinture à aérosol

C’est dans un petit hangar avec de multiples pochoirs, aérosols et pots de couleurs que l’artisan (qui ne nous a malheureusement pas communiqué son nom) nous a accueilli.

Il dispose plusieurs lanternes vierges sur des supports métalliques et peint à l’aide de divers pochoirs. Muni d’un masque pour se protéger des gaz toxiques, la démonstration fut impressionnante. L’artisan effleure à peine la lanterne de son pochoir et vaporise de quelques traits la lanterne, pas une seule bavure, le modèle est reproduit à la perfection. 

La peinture à aérosol est très rapide. Le dessinateur peut peindre plusieurs lanternes en seulement quelques minutes.

fabrication lanterne japonaise

L’atelier de peinture à la main

L’atelier de peinture à la main était plus cosy que le précédent. Là aussi, il était rempli de pots de couleurs et divers vernis. Nous étions accueillis par trois jeunes femmes qui étaient toutes en train de peindre des lanternes en soie. 

Elles ne peignent pas une lanterne une par une mais plusieurs en même temps. Elles dessinent quelques détails sur une lanterne, la repose au sol pour la laisser sécher et utilise la même couleur sur une autre lanterne. Leur travail est très précis et impeccable.

peindre lanterne japonaise 

Les lanternes en soie pour le O-bon ont le plus souvent des motifs de fleurs. Cela représente le fait d’offrir des fleurs aux ancêtres mais on peut trouver de temps en temps des dessins de montagnes et de rivières. Étrangement, les lanternes les plus vendus sont celles sans motifs. 

Encore un grand merci à Joranne pour cette journée en sa compagnie!

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SOURCES EXTERNES:

« le Centre de l’Artisanat Traditionnel (八女伝統工芸館) » : https://yamedentoukougeikan.jimdo.com/





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