Atelier-découverte : le papier Washi 

mai 24, 2017

papier japonais eventail

Au Centre de l’Artisanat Traditionnel de Yame (八女伝統工芸館), vous pouvez expérimenter la création de papier Washi sous différentes formes de produits. Et comme le terrible été japonais approche à grands pas, avec sa chaleur moite et son soleil brûlant, il fallait que je m’arme comme il se doit pour survivre ! J’ai donc choisi l’éventail de type « Uchiwa »*, qui sera bien plus efficace que les marques-pages et autres cartes postales.
Takeshi et moi espérions trouver un artisan sur place, mais ce sont en fait les membres du staff du centre qui animent l’atelier. Ce qui ne nous a pas empêchés d’avoir une bonne expérience !
L’animatrice de l’atelier me passa un manche en bambou se terminant en fins rayons formant la trame de l’éventail. Puis elle me guida vers une grande cuve dans laquelle reposait la pâte de Washi.
Comment ? A quoi ressemble la pâte de Washi ? De quoi c’est fait ?
Laissez-moi vous expliquer ! C’est une mixture épaisse dont la consistance s’approche de la mélasse. A moitié transparente, on voit baigner la fibre de papier en volutes. Regardez un ciel nuageux, et imaginez la même chose dans de l’eau. Déjà sous sa forme brute, le Washi est agréable à l’œil !

papier japonais

Mais plus précisément, il s’agit d’un mélange d’eau et de fibre d’écorces, le tout lié dans une bouillie de racines d’Aibika (une variété d’Hibiscus). Les fibres d’écorces peuvent provenir de différents végétaux, mais on utilise en général de l’écorce de mûrier (« Kôzo »), de Edgeworthia Chrysanta (ou « buisson à papier », « Mitsumata » en Japonais), et de Diplomorpha sikokiana (« Ganpi » en Japonais).
Pour enduire la trame en bambou de cette « pâte de nuage », je devais utiliser en une sorte de tamis de forme carrée. Le principe est plutôt simple : vous maintenez la trame en bambou contre le tamis avec le pouce. Puis des deux mains, vous plongez le tamis dans la pâte de papier et vous répartissez cette pâte en agitant légèrement le tamis. Grâce au liant en bouillie de racine, l’eau s’écoulera plus lentement et vous permettra de créer une surface uniforme.

papier japonais

Seconde phase : la décoration ! Une sélection de différentes plantes et fleurs séchées sont mises à dispositions pour faire notre propre composition. J’ai choisi des petites fleurs bleues dont la couleur froide aidera à me donner une sensation de fraicheur. Le tout relevé de quelques touches de pétales jaunes-orangées en contraste pour renforcer le bleu. Je n’ai pas pu résister d’ajouter deux fleurs de cerisiers joliment séchées. Le plus dur était de disposer les fleurs sèches sur la pâte de papier à l’aide d’une pince à épiler. Le moindre faux geste, et vous détruisez tout !

papier japonais

La troisième phase est par contre faite par l’animatrice de l’atelier, qui nappait l’éventail à la louche d’une même solution de pâte de papier beaucoup plus diluée, presque transparente. Le but de ce processus est d’appliquer de la fibre sur les fleurs séchées afin de les emprisonner dans la couche de papier. Si on verse tout d’un coup, on risque de balayer la composition. Si on en met trop, on masque la couleur des fleurs sous une couche trop épaisse. Si on n’en met pas assez, les fleurs se détacheront. Bref, il était nécessaire que quelqu’un d’expérience s’occupe de cette phase.
Je n’ai pas pu réprimer un soubresaut lorsque l’animatrice pris l’éventail pour ensuite la retourner d’un coup et la poser, face décorée, contre un tissus blanc. Mais pareil à une meringue bien fouettée, rien n’avait bougé !

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Dernière phase : le séchage. Pour que le client puisse repartir avec son produit fini, l’atelier accélère le séchage en nous faisant passer l’éventail par-dessus un « aspirateur » qui absorbe la majeure partie de l’eau. Puis, l’animatrice rajoute un tissu sur l’autre face de l’éventail pour le plaquer contre une surface métallique en oblique. Cette surface étant chauffée pour sécher la surface, l’animatrice me prévint de ne pas la toucher au risque de me brûler. Tout en échangeant des plaisanteries concernant la possibilité ou non de cuire « à la plancha » sur une telle surface, l’animatrice s’assurait qu’aucune bulle ne se forme dans le papier.

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Une demi-heure plus tard, le temps de visiter le reste du centre, j’avais entre les mains un joli petit éventail personnalisé qui m’aidera à supporter la chaleur estivale.
Bien qu’on ne puisse pas rencontrer de véritables artisans dans cet atelier, nous le recommandons tout de même aux personnes qui veulent expérimenter la création de papier Washi et repartir avec un souvenir unique !
Pour lire un article sur notre rencontre avec un artisan de Washi, c’est par ici !
*Uchiwa : (団扇) éventail en papier de forme ronde avec une structure rigide en bambou. A ne pas confondre avec le « Sensu » (扇子) qui est pliable et a une forme triangulaire.



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