Introduction au Hakata Ori : la soierie traditionnelle de Fukuoka

septembre 14, 2018

Introduction au Hakata Ori : la soierie traditionnelle de Fukuoka

Cela faisait un bout de temps que je voulais vous parler du Hakata-Ori. Après tout, il s'agit d'une technique de tissage artisanale emblématique de Fukuoka, là où est basée AKANE ZEN. N'étant pas un spécialiste du textile, je ne saurais vous donner une présentation ultra précise et exhaustive de ce tissu si complexe.
Mais je vais vous proposer pour l'instant une modeste introduction afin de vous familiariser avec cette soierie si délicate et élégante !

Le Hakata-ori (博多織 : "Ori" signifiant "tissage") a la particularité d'être composé de nombreux fils de chaîne très fins, sur lesquels sont fermement insérés des fils de trame plus épais. Les motifs sont ainsi tissés directement et forment en général des liserés finement ouvragés. Le chatoiement de la soie et l'effet de texture offre également un jeu de couleur très intéressant. Ce tissu étant de manière générale plutôt épais, il était plutôt utilisé pour fabriquer des Obi, ou ceintures traditionnelles de Kimono.
Mais quelques visuels valent bien des milliers de mots, donc voyez plutôt par vous-même à travers les visuels de cet articles. En attendant, voici les origines du Hakata-ori.

Soierie japonaise hakata
Copyright © 2016 OKANO.All Rights Reserved.

Okano Hakata-ori
Copyright © 2016 OKANO.All Rights Reserved.

Une étoffe naît d'un mélange de cultures

Hakata-ori obi homme

Avant de devenir le Hakata-ori tel que nous le connaissons aujourd'hui, cette technique de tissage a connu une évolution au fil des voyages.
Tout d'abord, ce fut Mitsuta Yasoemon (満田弥三石衛門), un marchand de Chikuzen (筑前 : une bourgade dans la préfecture de Fukuoka), qui en 1235 entreprit un séjour en Chine dans la province de Meishû (明州 : l'actuelle Ningbo) pour apprendre la technique de tissage locale, appelée alors Kanton-Ori (広東織). 
En revenant à Hakata (l'ancienne Fukuoka), il transmit à ses concitoyens différentes techniques culinaires et céramiques apprises durant son voyage, mais garda le secret du Kanton-ori. Il adapta cette technique à la sienne et ne la partageait qu'avec sa famille. 
250 ans plus tard, son descendant Hikosaburô (彦三郎) entreprit lui aussi un voyage en Chine pour apprendre d'autres techniques de tissage. A son retour, il améliora donc la technique du Kanton-ori pour fabriquer des étoffes plus épais en tissus croisés, décorés de motifs divers et variés.
Cette étoffe prit ensuite le nom de la région où il fut inventé : le Hakata-ori était né !
En 1801, l'invention d'un nouveau métier à tisser par le fameux lyonnais Joseph Marie Jacquard révolutionna le monde de l'industrie textile, et fut bientôt importé au Japon. La fabrication du Hakata-ori se normalisa ainsi avec le métier Jacquard dans les alentours de 1885. 

De nos jours, le Hakata-ori est surtout fabriqué à partir de métier Jacquard modernes, entièrement automatisé. Tous ? Non ! Une communauté d'irréductibles tisserands tissent encore et toujours en actionnant manuellement leur vieux métier Jacquard de l'époque.

Le Hakata-ori en quête d'un nouveau souffle

Shinkai Kaori tisserande japonaise
(Shinkai Kaori en plein travail)

Cette association tente de préserver du mieux qu'ils peuvent un savoir-faire en voie de disparition en rivalisant de créativité. Un de ces résistants, ou plutôt une résistante, avait abandonné le monde des bureaux pour jeter son dévolu au Hakata-ori. Toute petite déjà, Shinkai Kaori souhaitait devenir artisane et fabriquer de magnifiques objets. Mais avec l'âge, elle finit par abandonner ce rêve qu'elle croyait irréalisable, et comme beaucoup de jeunes japonaises entre la vingtaine et la trentaine, devint une "Office Lady". Jusqu'à ce qu'un jour, elle découvrit le "Hakata-ori Development College" : un établissement où l'on pouvait se former au tissage du Hakata-ori.
L'objectif de cette formation était de redonner un souffle à cette technique artisanale en poussant les étudiants à développer de nouvelles voies et de nouveaux styles. 
Shinkai Kaori vit là l'opportunité de réaliser son rêve d'enfant et se reconvertit aussitôt dans la création textile. Diplômée de l'école, elle réalise maintenant des Obi d'une grande élégance, à travers laquelle on lit sa personnalité. 
Peut-être que certains d'entre vous ont eu la chance d'observer de leur propres yeux certaines de ses œuvres à la petite exposition que nous avions organisé au Wa Salon à Paris ? Si ce n'est pas le cas, qu'à cela ne tienne, voici quelques visuels de ses créations pour le plaisir de vos yeux !

Shinkai Kaori Hakata-Ori Grue

Shinkai Kaori Hakata-Ori Mozaïque

Shinkai Kaori Hakata-Ori Diamant

Shinkai Kaori Hakata-ori Obi

Shinkai Kaori Hakata-ori Chat

Un marché qui cherche à se développer

Actuellement, le monde du Kimono étant dans une période de crise sans pareille, l'avenir de la technique Hakata-ori se retrouve elle-même compromis. Comment préserver une telle technique alors que les Obi ne sont finalement plus qu'un artefact du passé ? Les marchés étrangers sont inondés de faux "kimono" et il serait presque impossible de faire naître un véritable engouement pour le Kimono traditionnel japonais en Occident. Un autre point faible est que l'étoffe Hakata-ori ne peut pas se laver facilement. Donc à moins d'être imperméabilisés, ces tissus sont difficilement utilisables dans la vie de tous les jours.  
Face à cette problématique, les tisserands tentent tant bien que mal à détourner l'usage de leurs étoffes en créant sacs, bourses, portes-monnaies, cravates, et bien d'autres produits dérivés. On ne peut nier l'élégance et le goût avec lequel certains produits ont été élaborés ! Mais est-ce suffisant ? Ce genre de produits-là parviendra-t-il à séduire les clients étrangers ? Combien sont prêts à investir dans ces tissus si précieux ?
Ces questions restent encore en suspens, et les créateurs japonais sont encore à la recherche de pistes...

Porte-monnaie Hakata-ori

Cravate Hakata-ori

Pochette hakata-ori

Et vous ? Que pensez-vous de ces produits ? N'hésitez pas à nous faire part de vos réactions et idées sur nos réseaux sociaux ou par mail ! Je continuerai d'écrire sur le Hakata-ori à l'avenir, car il reste bien des choses à connaître sur ces trésors.  

 





Voir l'article entier

Les 5 fleurs les plus populaires dans les Kimonos
Les 5 fleurs les plus populaires dans les Kimonos

septembre 21, 2018

Une chose est sûre : l'esthétique traditionnelle japonaise est parfois très "florale". Il faut dire que les Japonais ont développé un goût certains pour les beautés de la nature, et les fleurs sont bien évidemment particulièrement prisés. A l'occasion de ce petit article léger, laissez-moi vous présenter les cinq fleurs les plus présents dans le monde du Kimono !

Voir l'article entier

Un jour, un Kimono
Un jour, un Kimono

janvier 19, 2018

Je voudrais vous faire part aujourd’hui d’un petit projet que je compte lancer sur notre page Facebook. Histoire de vous mettre au parfum. C’est un peu comme un jeu, mais avec tout de même un but sérieux derrière !

Voir l'article entier