Hasami, une petite bourgade de potiers

novembre 11, 2016

Hasami, une petite bourgade de potiers

Hasami : une petite bourgade de potiers

Aujourd’hui, direction Hasami, une petite bourgade de potiers, pour une exposition de porcelaines. En effet, Eiichirô-san, porcelainier en partenariat avec Akane Zen, organisait une exposition avec sa mère, elle-même porcelainière, dans leur maison. Après deux heures de voitures sous la pluie, nous arrivâmes devant la demeure familiale, qui était loin d’être banale.

HasamiElu patrimoine régional par le gouvernement, cette demeure s’avérait dater de la première année de l’ère Shôwa (1926), en bon état de conservation, et tout simplement superbe. Bien que d’habitude fermé aux visiteurs, l’exposition donnait une occasion exceptionnelle aux visiteurs de découvrir l’intérieur. Une fois le vestibule passé, Eiichirô-san nous accueille d’un sourire radieux et nous invite à nous déchausser pour entrer. Rien que la maison en elle-même est une véritable pièce de musée, et je vais donc m’attarder dessus.

Eiichiro

La charpente, les piliers, le plancher des couloirs extérieurs, tout était en bois d’une couleur sombre et chaleureuse, laissant transparaitre le motif naturel de leurs nervures. Quel plaisir de sentir ses pieds fouler ce bois, qui répond de temps en temps du doux craquement typique des vieilles maisons. Vous savez ? Ce genre de craquement dans les vieilles maisons qui ont vu vivre des générations et des générations de personnes. Ce genre de son qui leur donne une âme. Si chacune des poutres pouvaient parler, combien d’histoires nous aurions pu entendre ?

Eiichiro

Je m’enfonce d’abord dans une petite pièce où sont disposées les œuvres d’Eiichirô-san. Des vases, services à Saké, verres, pots finement ouvragés sont alignés ici et là sur des tables et des meubles en bois sombre faisant écho à toute l’architecture de la maison. Mes yeux s’attardent par exemple sur les dernières œuvres du porcelainier : des verres dont la lèvre est recouverte d’une ligne brune très fine. Cette coquetterie était, à mon sens, pareille à la bouche d’une femme élégamment soulignée d’un rouge à lèvre. Eiichirô-san m’expliqua que c’était pour apporter un accent à ses verres, d’habitude d’un blanc immaculé.

Hasami

Je sors de cette petite pièce pour déboucher la salle principale de l’exposition. Il s’agissait de plusieurs pièces dont les portes coulissantes ont été décrochées (agencement ingénieux qui est possible dans les maisons traditionnelles japonaises) pour ne faire qu’une seule grande salle. HasamiLes tatamis s’enfonçaient doucement sous mes pieds avec la même réponse que le bois des plancher, alors que je m’avançais pour admirer le jardin que l’on voyait depuis l’extérieur. Effectivement, un couloir courait autour de toute la grande salle, avec des portes vitrées donnant sur un grand jardin.
Une promenade tracée par des pierres guidait mon regard entre les arbres, les lanternes de pierres, les buissons et les pins taillés. La pluie avait cessé et l’eau accentuait ainsi la verdure alentour. Les portes coulissantes étaient en simple vitrage, dont le verre laissait transparaitre des fines bulles et des vagues, témoignant du travail des verriers de l’époque. A l’intérieur de la grande salle, même si les portes coulissantes délimitant les pièces avaient été enlevées, il fallait faire attention à ne pas se heurter aux cadrans. Les japonais étaient en effet plus petits autrefois. EiichiroEiichirô-san me regarda d’un air amusé alors que j’étais en train de jauger la hauteur des cadrans avec mon front, et m’expliqua que son front aussi avait souffert plus d’une fois. Mais au-dessus de ces cadrans, un autre élément s’ajoutait au charme de cette maison. Des panneaux en bois creusés et ciselés laissaient passer la lumière du soleil, permettant ainsi à ce qu’elle soit distribuée dans toutes les pièces, même une fois fermées. Chaque panneau étaient sculptés et représentaient tantôt des fleurs, tantôt des carpes nageant au milieu des nénuphars.

Hasami

Cette maison inspirait la tranquillité et le calme. On s’y sent bien.
C’était dans la salle principale qu’étaient exposées les œuvres de la mère d’Eiichirô. On pouvait notamment remarquer son affection pour les oiseaux et les chats par les nombreuses statuettes exposées. Mon regard s’est surtout attardé sur les reposes-baguettes en forme d’oiseaux, en assortiments de différentes couleurs. On aurait pu ajouter des petits tas de graines pour avoir l’impression qu’ils s’assemblaient pour les manger. A part les statuettes et reposes-baguettes, des vaisselles ornées de plantes et fleurs peintes d’un charme certains étaient disposées sur des tables basses au centre de la salle principale. Outre les motifs peints, c’était le grain des porcelaines qui attirait mes yeux. Quand on vous dit porcelaine, que voyez-vous ? Des parois fines et lisses, immaculées, parfois ornées de motifs finement peint, à la précision remarquable. Et bien nous avons là un style tout à fait différent. Parois épaisses et grains apparents et saillant à la surface, donnant une légère rugosité au toucher. Rugosité toutefois atténuée par le vernis. Les peintures font plus penser à des croquis coloriés à l’aquarelle, avec des traits plus irréguliers mais vivants. L’aspect de ces porcelaines se rapprochait plus volontiers du grès.

Hasami

Hasami

Hasami

HasamiCe contraste entre le style de la mère et du fils était assez frappant. Là où, à mes yeux, la mère d’Eiichirô se rapproche du vivant dans ses représentations animales et ses peintures, Eiichirô lui-même se distingue par un style plus aérien, épuré. Même ses représentations animales et florales sont faites dans une technique et une précision qui leur donnent un aspect presque surnaturel.
J’ai pu comprendre cela plus précisément lorsqu’Eiichirô proposa un petit concert de guitare pour ses visiteurs. Tous assis à même les tatamis, nous écoutâmes Eiichirô chanter des vieilles chansons populaires tout en faisant danser ses doigts fins sur les cordes de son instrument. Il nous proposa par la suite un texte de sa composition sur une rencontre galante au clair de lune. Je ne pouvais malheureusement pas comprendre toutes les paroles, mais il y avait de la mélancolie, de la douceur et de la sensualité dans sa voix et ses gestes. Je compris à ce moment-là que c’est avec cette même sensibilité et cette même délicatesse qu’Eiichirô créait ses porcelaines. On retrouve son style quelle que soit le domaine où il s’exprime. La question que je me posais est : Est-ce sa musique qui a influencé sa porcelaine ? Ou sa porcelaine qui a influencé sa musique ?

Ayant fait le tour de l’exposition, nous saluâmes Eiichirô pour ensuite aller nous restaurer dans un petit restaurant avoisinant sa maison. 

Ce sympathique restaurant est installé dans une vieille maison qui fut restaurée pour accueillir la cuisine et les clients. L’ambiance est chaleureuse et confortable. De nombreuses petites décorations forment un bric à brac qui donne une vie à tout l’ensemble. Au menu, un délicieux curry vert accompagné de riz et de légumes. Ce genre d’établissement est un parfait exemple de la tendance actuelle, où les jeunes générations rejoignent les campagnes perdues pour s’éloigner du fourmillement de la ville.

Hasami

HasamiSouvent originaire de ces petites bourgades, ils reviennent afin de contribuer à faire revivre leur terre natale. Ici et là, des petites échoppes, des cafés, des restaurants fleurissent, mais les clients restent encore trop peu nombreux pour revitaliser totalement ces villages. La principale difficulté réside dans l’accès : peu voir pas de bus et de transports pour venir. La voiture reste le meilleur moyen de pénétrer à l’intérieur du Kyushu pour y découvrir tout ce qu’elle a à offrir. Heureusement pour les Français, il est toujours possible de faire traduire leur permis de conduire pour pouvoir ensuite emprunter une voiture et arpenter les monts et collines de la riante campagne du Kyushu. Si vous venez à visiter cette région, je vous conseille ce moyen de transport. Moins cher si vous partez à plusieurs, vous êtes plus libre et indépendant. Vous pouvez vous arrêter quand vous voulez pour vous promener au milieu des rizières, ou changer au dernier moment votre périple au grès de vos envies.





Voir l'article entier

Commande spéciale : le nouveau service d'AKANE ZEN !
Commande spéciale : le nouveau service d'AKANE ZEN !

août 10, 2018

Le projet AKANE ZEN compte déjà douze artisans parmi ses partenaires. Actuellement, notre boutique compte une petite sélection de quatre-vingt seize produits artisanaux. 
Malgré tout, il manque forcément un produit dans notre boutique que vous aimeriez à tout prix vous procurer. Un objet, une décoration, un ustensile, une matière première, un accessoire, un vêtement que l'on ne trouve qu'au Japon et difficile à obtenir. Peut-être même que vous l'avez aperçu dans une des vidéos de nos périples dans le Kyushu ? Vous voulez absolument mettre la main dessus ?

Voir l'article entier

Tenugui : votre meilleur allié de l'été
Tenugui : votre meilleur allié de l'été

août 03, 2018

La semaine dernière, je vous avais déjà présenté différents objets traditionnels japonais qui sont emblématique de l'été.
Mais il y a pourtant un autre accessoire qui est IN-DIS-PEN-SABLE si vous voulez rendre votre été plus agréable : le Tenugui !

Voir l'article entier

5 objets pour passer un été japonais !
5 objets pour passer un été japonais !

juillet 26, 2018

Est-ce que vous aussi vous êtes coincé en France pour cet été ?
Et bien à défaut de pouvoir aller au Japon, faites venir le Japon à vous !

Voici les 5 objets symboliques de l'été japonais qu'il vous faut pour vous faire voyager sans prendre l'avion !

Voir l'article entier