Koishiwara : le bon vieux temps à la campagne

Koishiwara est une petite bourgade qui se situe dans l'ouest du Japon, à l'est de la préfecture de Fukuoka. Koishiwara aussi appelée Toho-mura avec la fusion des autres villages, est en pleine nature entourée de montagne. Au début de l'été, on peut admirer des lucioles le long des rivières (elles commencent à se faire rare au Japon). Ce petit village garde un air de bon vieux temps du Japon.
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Les céramiques qui y sont fabriquées et utilisées pour la cérémonie du thé, comme le raku, sont appelées Takatori-yaki, les vaisselles qui sont faites pour un usage quotidien, sont nommées Koishiwara-yaki. Au XVIIe siècle, le premier four à Koishiwara fut fondé par Hachinojo Takatori, lorsqu'il découvrit que le kaolin était abondant dans cette région. Aujourd'hui, il y a environ 50 fours dans ce hameau. 
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Koishiwara et le Mingei :

Les céramiques de Koishiwara étaient d’une telle simplicité dans leur esthétique qu’elles attirèrent l’attention de Yanagi Sôetsu, illustre critique d’art et fondateur du mouvement Mingei, qui alla visiter ce petit village avec Bernard Leach (céramiste britannique) et Munakata Shiko (graveur japonais) en 1953. koishiwara ceramique japon En effet, Yanagi Sôetsu fonda le mouvement Mingei (Nom issu de l’abréviation entre « Minshû » (民衆) ou « Populaire » et « Geijutsu » (芸術) ou « Art ») en 1926, afin de promouvoir l’artisanat japonais. Pendant les périodes Taishô et Shôwa, ce secteur se trouvait effectivement menacé à la fois par l’industrialisation effrénée du Japon et par l’artisanat de luxe. Selon Yanagi Sôetsu, les objets du quotidien produits par les Arts Populaires expriment la véritable culture japonaise dans sa simplicité, sa sobriété et son humilité. Les œuvres d’arts produits par les artisans reconnus étaient, selon Yanagi Sôetsu, corrompus par une affectivité et une recherche esthétique bien trop poussée. Tandis que les objets fabriqués dans les usines perdaient, selon lui, l’humanité, la qualité et la beauté que l’on retrouve dans un objet produits des mains d’un artisan. Son idéal consistait donc à préserver la culture japonaise en réanimant le secteur de l’artisanat et propager la beauté dans le quotidien de chacun. Ainsi, Yanagi parcouru tout le Japon afin de trouver des artisans dont les productions correspondaient à ses critères, parmi lesquels : une beauté simple, sans trop de décorations, faits à la main par des artisans inconnus, de bonne qualité, bon marché. Yanagi Sôetsu définit l’ensemble de ces critères à travers la notion suivante : « Yô no Bi » (用の美) ou « La beauté de l’usage ».
Ce fut notamment à Koishiwara que Yanagi Sôetsu trouva des objets correspondant à ce qu’il recherchait.

Le mont Hiko : s'isoler dans la montagne pour déstresser

Koishiwara se situe au pied du mont Hiko, une montagne de 1199m d'altitude, située entre la préfecture de Fukuoka et la préfecture d'Oita. Au Japon, les montagnes furent vénérées et considérées comme sacrées. Environ 800 ruines bouddhistes ont été découvertes dans une recherche en utilisant un radar laser, où les Yamabushi (prêtres bouddhistes, ascètes montagnards poursuivaient le Shugendô (修験道). Le Shugendô consiste en un cheminement spirituel où le dévot éprouve sa foi à travers des sentiers escarpés, voir périlleux, afin de se rapprocher des forces spirituelles environnantes. Aujourd'hui, c'est un endroit réputé pour admirer les feuilles d'érable japonais en automne. Il y a beaucoup de sentiers de Yamabushi dans le mont Hiko, dont certains sont dangereux. Pourtant, si vous passez du temps dans la nature, marcher dans la montagne, vous oublierez vos anxiétés dans la vie quotidienne et vous serez moins stressé. 

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