Biographie :

Masato Takae, artisan traditionnel du bambou, est né à Nagoya dans la préfecture d'Aichi en 1955. Depuis ses 18 ans, il voyagea de Hokkaido à Kyushu, en quête d'un endroit où il pourrait vivre en autonomie et en harmonie avec la nature. Sa quête pris fin à Beppu, dans la préfecture d'Oita, où il construisit lui-même sa maison et son atelier en bois. En effet, fabriquer des choses de ses propres mains est pour lui la source de son bonheur. Il fit ses études à l'école supérieure et professionnelle de l'artisanat traditionnel, dans la préfecture d'Oita. C'est la seule école au Japon où on peut étudier l'artisanat en bambou.
En 1993, il fonda son propre atelier ‹‹ Takekobo Once ›› au milieu de la nature, au cœur des montagnes d'Oita.  Il remporta de nombreux prix, fit ses expositions à Paris(Espace Japon) en 2002, à Würzburg(Allemagne) en 2003, à Milan en 2008. En 2000, il reçut du ministre de l'économie et de l'industrie le titre de Dento-Kogeishi("伝統工芸士") : ‹‹ artisan traditionnel du Japon››. Cette distinction a été inventée en 1974 par le ministre de l'économie et de l'industrie dans le but de préserver l'artisanat traditionnel. Ainsi, après un examen rigoureux, les artisans sélectionnés sont chargés de préserver leur savoir-faire en l'enseignant aux générations suivantes.
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La passion de transmettre :

La création de Beppu Takezaiku ("別府竹細工") : ‹‹ artisanat en bambou ›› remonte à la période Muromachi(1336-1573). Alors que les objets en bambou furent faits pour l'usage quotidien, leurs techniques de fabrication furent sophistiquées en tant qu'ustensiles pour la cérémonie du thé et pour l'Ikebana.
Actuellement, Masato Takae fabrique des sacs à main pour les femme, d'une qualité exceptionnelle, en utilisant ce savoir-faire ancestral. Devenu un maître dans l'artisanat du bambou, il a maintenant la responsabilité de transmettre la tradition aux générations suivantes, au même titre que tous les Dento-Kogeishi. Selon lui, ‹‹ C'est grâce aux gens d'Oita qui m'ont accueilli, qui m'ont transmis diverses techniques, et qui m'ont soutenu, que je suis ce que je suis aujourd'hui. C'est mon tour maintenant de transmettre cette tradition. ›› Dans son atelier, plusieurs disciples viennent pour apprendre son art. Masato Takae veut transmettre non seulement la technique, mais aussi la difficulté de vivre en tant qu'artisan, et le plaisir de vivre de manière indépendante.
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Une qualité exceptionnelle qui fait la différence : Le sac à main de luxe en bambou

À première vue, ses sacs haut de gamme semble faits d'une autre matière, comme de la peau de crocodile. Ses œuvres sont soigneusement conçus et fabriqués à la main en passant environs 14 étapes. Seules les bambou de haute qualité, dans la montagne d'Oita, sont sélectionnés et utilisés en tant que matière première. Grâce à cette qualité, et utilisé avec soin, vous pourrez l'utiliser longtemps, plus de 20 ans.
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Les étapes de la fabrication du sac à main

- Le Takemigaki(竹磨き) : le polissage du bambou
La surface du bambou étant très dur, cela empêche l'urushi (la laque japonaise) de pénétrer, donc il faut la raboter d'abord. Mais si on rabote trop, la brillance peut disparaître, et si on rabote irrégulièrement, la surface sera abîmée. Selon l ui, il fait ça en écoutant le son de son rabot contre le bambou et en sentant sa température.
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- L'Arawari(荒割り) :
la division du bambou

C'est une étape où on découpe le chaume (ou la tige) en utilisant un outil appelé Kikuwari(菊割), dont la forme ressemble à une fleur de chrysanthème.
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- Le Takewari(竹割り) :
la préparation des baguettes de base

Les bambou sont redécoupés en forme de baguette. Cette étape exige un haut niveau technique, car la fibre du chaume est sinueuse. Selon lui, il faut au moins 3 ans pour maîtriser cette étape.
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- Le Takehagi(竹剥ぎ) :
enlever la couche inférieure

La fibre qui est proche de la surface du bambou est plus dense, et plus forte que celle à l'intérieur. Afin de pouvoir donner la dureté au matériau, la couche intérieure est enlevée. L'épaisseur d'une tranche ne fait plus qu'1 millimètre dans ce processus.
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- Le Habatori(巾取り) :
l'affinage de la largeur

Après ce processus, la baguette de bambou est appelée le Higo(ヒゴ). Le Higo est immergé dans l'eau glacé jusqu'à ce qu'il devient souple, puis sa largeur est affinée en le faisant passer entre les deux couteaux qui sont dressés sur le socle en bois.
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- Le Mentori(面取り) :
arrondissage des angles

Si la surface du Higo comporte un angle saillant, cela peut déchirer les tissus du vêtement. Pour éviter ça, Masato Takae rogne les angles soigneusement. Le Higo devient donc très lisse.
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- Le Senbiki(銑引き) : l'affinage de l'épaisseur

C'est une technique artisanale qui va au-delà du millimètre près. L'affinage entre 0,30 mm et 0,35 mm est fait à la main. La différence de 0,1 mm détermine la qualité et la beauté du sac à main. Cette étape est incontournable particulièrement pour les motifs fins, comme Ajiro-ami(網代編み).
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- Le Shitazome(下染め) : la teinture de base
Ce processus permet de conserver la couleur.

- Le Sokoami(底編み) et le Tachiage(立上げ) :
le tressage de la vannerie
D'abord, il tresse le fond du sac à main, et il courbe les Higo à la vertical en les chauffant. Il y a beaucoup de techniques de tressage traditionnelle dans Beppu Takezaiku, plus de 200 manières. Il utilise les techniques Ajiro-ami(網代編み) ou Yamaji-ami(山路編み) pour le sac à main de luxe.
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- Le Fuchi-no-toritsuke(縁の取り付け) : la fabrication de la bordure
La bordure est soigneusement attachée par les rotins.
- Le Honzome(本染め) : la seconde teinture 
Il fait bouillir les fibres et les teint attentivement. La façon de brûler le bois de chauffe, le mélange des colorants, le temps de trempe, tout s'est déterminé par son expérience.
- L'Urushi-nuri(漆塗り) : la laque japonaise
Le revêtement d'urushi est appliqué deux fois au total. Le premier sert de vernis de base, et la deuxième couche sert de vernis de finition, avec la cire qui accentue les motifs de tressage par sa couleur blanche.
- Le Fukuro-tsuke(袋付け) : coudre ensemble le tissu intérieur
La soierie traditionnelle d'ōshima-tsumugi(大島紬), ou un tissu en cotton, est cousue à l'intérieur de la structure en bambou.
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